Tuesday, February 24th, 2015


 

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Knut Ståhlberg (1919-2015)

Au revoir, Knut !

C’est un ami très cher et très précieux qui nous a quittés.
Incomparable Knut qui avait choisi la France et qui aura obstinément essayé, tout au long de sa longue carrière de journaliste puis d’écrivain, de la faire comprendre au public suédois. « J’ai eu à lutter contre les a priori, l’image convenue et les clichés, caricaturaux mais pas forcément négatifs d’ailleurs, que l’on entretenait en Suède sur les Français » disait-il.

En 1945, jeune journaliste, il quittait la Suède et débarquait à Rouen avec son vélo, une valise et quelques vivres. C’est dans une France hachée par la guerre qu’il allait faire ses premières armes comme correspondant. D’abord, du légendaire (pour les Suédois) Stockholms Tidningen — Le Journal de Stockholm —, avant de devenir, au début des années 1960, un des grands noms de Sveriges Radio, la radio et télévision suédoise.

Mais c’est surtout la télévision qui a fait connaître ce personnage très original dans le paysage médiatique corseté d’alors. Knut Ståhlberg ne se contentait pas de présenter l’actualité sur le ton neutre qui était de règle, il la racontait et la jouait littéralement. Les bras s’envolaient sur le petit écran, les mains virevoltaient et la voix convaincante donnait tout son sens à l’information.

Une gestuelle souvent comparée à celle du général de Gaulle, peu apprécié, il faut le dire, des Suédois, et qui serait un sujet majeur dans l’œuvre journalistique de Knut à l’adresse de ses compatriotes. « De Gaulle, l’homme qui était la France » (2004), « Deux adversaires très proches : de Gaulle et Churchill » (2011), des ouvrages magistraux qui invitent, par leur subtile pédagogie, à aborder intelligemment ces personnalités hors du commun et leur rôle dans l’Histoire.

Après un temps comme correspondant de Sveriges Radio à Washington à la fin des années 1970, Knut avait tenu à revenir travailler à Paris. Après la radio et la télévision, l’écriture. Il allait consacrer sa « retraite » à raconter à ses lecteurs suédois, à travers une série de livres passionnants, les grands bouleversements qui ont secoué la France et l’Europe de l’après-guerre.
Mais aussi l’impact de l’héritage de la Révolution de 1789 sur la France de notre époque avec « La présence persistante du passé » (2002). Et il nous avait surpris avec « Paris au temps des amants » (1998), un portrait de George Sand, « femme libre extrêmement courageuse qui s’est battue contre des préjugés massifs pour pouvoir vivre comme individu à part entière », selon ses propres termes. Il avait tout vécu, rencontré tout le monde, et il avait l’art rare de transmettre, de partager son savoir.

Ce qu’il a fait pour la Chambre de Commerce, contribuant à son activité par ses conseils et avis éclairés. « Parce qu’il connaissait intimement tous les rouages de la politique française, la perception qu’ont les Français du monde environnant et les différences entre nos deux peuples, Knut nous a été d’un secours particulièrement important dans divers contextes économiques bilatéraux, en amenant Français et Suédois à se mieux comprendre » dit Gîta Paterson, la Présidente de la CCSF « C’était un ami fidèle, ajoute-t-elle, l’année dernière encore, Knut et Britt, son épouse, elle aussi journaliste et ecrivain, suivaient avec intérêt notre projet d’ouvrage sur l’histoire des entreprises suédoises en France et de leurs dirigeants, dans le cadre du centenaire de la CCSF. Et très généreusement, ils ont partagé avec nous leur vaste connaissance du sujet. »
Au revoir, grand old man, vous nous manquez déjà..

Françoise Nieto

 

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