version optimisée pour impression
       




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

Blogopshères

Le “blog d’exil” semble être devenu un genre à part entière. Français de Suède et Suédois de France y apportent leur tribut, avec des pages souvent rafraîchissantes.


Copyright et photographe : Hans Bjurling IMAGE BANK SWEDEN

Dans l’univers florissant des blogs, il est une petite galaxie dans laquelle le fait de livrer sur la toile ses réflexions, observations ou impressions prend un sens particulier : celle des expatriés et autres migrants ou voyageurs. Ou comment garder un lien avec ceux qu’on a laissés, faire d’un long séjour à l’étranger une expérience qui mérite d’être racontée, transformer un parcours individuel en lieu d’échanges. Journal de bord, journal intime, carnet de voyages, voire guide touristique ou pratique... qui se donne instantanément à lire au tout-venant planétaire.
Au-delà du cercle des proches, c’est d’ailleurs souvent par hasard, via une requête par mots clefs sur un moteur de recherche, que l’on tombera sur l’une de ces pages. C’est précisément de cette façon là que je me suis surprise à lire les chroniques d’une vie somme toute plutôt ordinaire d’une Française devenue “Suédoise d’adoption” depuis 1996 ou d’une Suédoise mère de trois enfants plongée dans le tumulte parisien.
Plusieurs dizaines de Français de Suède et Suédois de France se livrent aujourd’hui à cet exercice - avec, à vue de nez, un petit avantage quantitatif aux Français. Pas étonnant sans doute, lorsqu’on sait que les Français sont les plus gros blogueurs d’Europe : près d’un million d’entre eux écrivent des pages personnelles sur Internet, pour un total de quatre millions de blogueurs européens.

Exotismes
Parmi les Français rédigeant un blog depuis une contrée suédoise, les plus nombreux sont apparemment les étudiants partis pour un séjour universitaire. Ces blogs là sont clairement destinés aux proches restés “au pays”. S’y succèdent des récits de journées de cours, de fêtes étudiantes, d’escapades touristiques et d’anecdotes dignes de “L’auberge espagnole”. Avec pléthore de photos en prime. Rien de passionnant a priori... Sauf qu’il est assez drôle de suivre un jeune Français tentant de décrire à ses compatriotes tous les petits exotismes de sa nouvelle vie : circuler en vélo par tous les temps sans oublier de s’équiper de réflecteurs, entrer dans le rituel des “guasques” (ces soirées étudiantes habillées au cours desquelles “on ne boit pas sans chanter auparavant”), découvrir l’arrivée de la neige fin novembre...
Globalement, ces jeunes Français semblent s’acclimater très vite et savent parfois le saisir avec humour. “On commence à apprécier sérieusement le fromage en tube parfumé au bacon”, résume par exemple une étudiante à Uppsala, qui, quelques semaines plus tard, écrira aussi : “Ce soir, je me suis surprise à attendre devant le passage piéton d’une rue complètement déserte, uniquement parce que le petit bonhomme était rouge... Ça doit être ça, l’adaptation culturelle”.

“Petites aventures du quotidien”
Sur les blogs des non-étudiants, on trouvera là aussi, au fil des billets, ce souci de faire connaître et d’expliquer le quotidien suédois. C’est par exemple ce que fait un Rouennais sur son blog “Carte postale suédoise”. Un jour, c’est pour emmener son lecteur à la découverte des spécificités architecturales des différents quartiers de Stockholm, où il habite et travaille. Un autre, c’est pour décrypter les manies de la “presse du soir” suédoise ou le goût de certains Stockholmois pour les 4X4.
Dans le même esprit, il y a aussi une certaine Fred, dont le blog baptisé “Lungnet och Fred” s’adresse aussi aux autres Français résidant en Suède friands de petits trucs et bonnes adresses. Vivant à Stockholm depuis 10 ans, elle y distille son attachement pour le pays, à travers mille et un détails : la buanderie collective (“l’un des endroits où les gens se disputent le plus !”), le nom des pâtés de maison sur les plaques de rues, le journal livré le matin dans l’appartement, la cire à cacheter pour orner les paquets de Noël, les mots difficilement traduisibles (son préféré : “snickarglädje”, la “joie du menuisier”), les messages sur les briques de lait...
On aurait aussi pu citer le blog de “Steph”, jeune femme arrivée il y a 18 mois à Göteborg pour suivre son mari, ou celui de “Hibiscus”, une archiviste qui a choisi de rester en Suède à l’issue de ses études, et bien d’autres encore.
Du côté des Suédois en France, là aussi, quelques blogs méritent le détour. Dont celui qui, baptisé “Med barnen i Paris” (“Avec les enfants à Paris” - ils sont trois), est alimenté par une interprète suédoise attentive à la problématique du bilinguisme et aux questions de pédagogie (ah, la découverte du système scolaire français...). Une autre Suédoise, elle aussi mère de trois enfants, a décidé de conter ses “Petites aventures du quotidien” dans une campagne française verdoyante. Il y a encore Bodil Malmsten et Karin Stensdotter, toutes deux écrivains, Roberth et Sofia installés dans le joyeux désordre marseillais...
Et vous, quand est-ce que vous créez votre blog ?

Les blogs metionnés dans l'article

http://carte-postale-suedoise.blogspot.com/
http://goteborg-nous-voila.over-blog.com/
http://www.lugnetochfred.blogspot.com/
http://blog.vossey.fr/
http://damiensw.canalblog.com/
http://destinationvaxjo.uniterre.com/

Claire Mallet