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L'esprit de famille

Andreas Bonnier est le jeune patron très franco-suédois de Mind France, une société Internet tout aussi jeune et franco-suédoise. Son nom vous dit quelque chose ? Oui, Andreas fait bien partie de la célèbre famille Bonnier, celle du géant suédois de la presse et de l'édition. Il dresse d'abord un petit portrait de cette société spécialisée dans la ré alisation de portails, qui s'est établie en France il y a six mois.

- En Suède, Mind est né de la fusion, début 1999, d'une société de conseil en stratégie et d'une agence de création web. Avec la volonté, face à des projets Internet de plus en plus complexes ayant donc pour les entreprises clientes des implications croissantes, d'offrir une forte compétence en matière de management consulting. Cette faculté de livrer une solution Internet tout en aidant le client à définir une stratégie globale - comprenant la gestion, la logistique, les ressources humaines, etc. - nous a donné un certain avantage concurrentiel en Suède. Par ailleurs, nous avons rapidement été positionnés comme des experts du portail. En distinguant bien portails et sites traditionnels d'e-commerce. Un portail rassemble toute une série d'entreprises ou d'acteurs sur un même site. Ce qui devrait se développer, du fait de l'émergence d'une consommation organisée moins par activités que par secteurs de besoins. On peut par exemple imaginer un portail consacré au déménagement incluant déménageurs, assureurs, professionnels de l'immobilier, de la sécurité, etc. Nos clients qui souhaitent développer un portail sont des start-ups, mais aussi des sociétés traditionnelles qui diversifient ainsi leurs sources de revenus. Depuis début 1999, nous sommes passés de 60 à 500 personnes, masse critique qui nous permet d'accepter de très gros projets. Maintenant, nous nous focalisons sur le développement à l'international... Et la France est l'un des pays clefs.

Aujourd'hui, qu'est-ce qui caractériserait le "savoir-faire" Mind ?

- A chaque fois que nous livrons une solution, nous incorporons quatre éléments. Premièrement, le "process" : la compréhension, très en amont, du business du client, de ses façons de travailler. Une partie de nos consultants vient d'ailleurs du conseil en management ou sont experts d'un secteur précis. Deuxièmement, le facteur humain : aider le client à intégrer les changements induits par le nouvel outil web, faire en sorte que celui-ci soit bien accepté. Troisièmement, la dimension technique, qui reste essentielle. Nous faisons souvent appel à des technologies très avancées. D'ailleurs, nos collaborateurs techniques ont en moyenne 34 ans et 7 ans d'expérience, ce qui est plutôt atypique. Quatrième pôle : tout ce qui a trait à l'ergonomie du site. En outre, ici en France, la maturité propre au marché scandinave nous donne un avantage certain. Et nous faisons beaucoup appel au transfert de compétences de la Suède vers la France.- Comment Mind s'est-il implanté en France ?

- Après quelques projets réalisés grâce aux ressources scandinaves, nous avons cherché à nous rapprocher d'une société française dont la façon de travailler ressemblait à la nôtre. Notre choix s'est porté sur NEF (New Electronic Factory), société de moins de 20 personnes livrant pourtant des solutions de A à Z, que nous avons donc racheté en avril dernier pour former Mind France.

Et comment a été conçue l'intégration entre NEF et Mind ?

- Les interactions avec la Suède restent fortes. Nous avons apporté avec nous des outils, une méthodologie, une force de frappe... Pour l'équipe française en place, la fusion est aussi synonyme d'ouverture à l'international. Les techniciens semblent en outre apprécier l'avance qu'ont les Suédois sur ce terrain technique. Nous projetons maintenant un certain nombre de recrutements, voire d'autres acquisitions. Nous commençons déjà à avoir une petite notoriété en France ! Surtout auprès des grands comptes et des start-ups.

Et vous, comment êtes-vous arrivé ici ? Votre père, Daniel Bonnier, dirige en France les Publications Bonnier, soit une bonne poignée de titres de presse magazine. Vous, vous êtes dans l'univers du web...

- Mes antécédents... J'ai, assez logiquement, commencé mon parcours dans la presse, tant en France qu'en Suède, au sein de la société familiale. Je baignais vraiment là-dedans, avec un père parlant de presse tous les soirs à table ! Cela m'a beaucoup appris en termes de contenu. Aujourd'hui encore, cela m'apporte beaucoup. Mais je me suis aussi très vite intéressé à ce que les nouvelles technologies pouvaient apporter aux journaux. Je suis ensuite parti travailler à New York, toujours dans la presse. Là-bas, il y a plus de trois ans, on réfléchissait déjà beaucoup à l'aspect contenu de l'Internet. J'en ai tiré profit. Puis j'ai rejoint la Suède et une société de haute technologie. Pour finalement, donc, démarrer chez Mind parallèlement aux premiers pas de la société en France. Propos recueillis par Claire Mallet
www.mind.com